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N° 195
2007-II |
Le premier semestre de l'année 2008 sera marqué par la
publication, dans la collection de l'Institut Napoléon, des actes
du colloque organisé en 2001 sur "Le Concordat et le retour
de la paix religieuse". Sept ans après la commémoration
du bicentenaire du Concordat signé entre les représentants
de Bonaparte et ceux du pape Pie VII le 15 juillet 1801, trois ans après
la célébration de la loi de séparation, la question
des relations entre l'Etat français et les Eglises est plus que
jamais d'actualité. Les récentes déclarations du
président de la République, Nicolas Sarkozy, sur la religion,
ont même pu laisser penser que, comme en d'autres domaines, il se
coulait dans les habits du Premier consul. N'a-t-il pas choisi Rome et
la cathédrale Saint-Jean du Latran, où il recevait le titre
de chanoine honoraire, pour prononcer, le 20 décembre 2007, un
discours en rupture avec le discours officiel sur les relations entre
la République et les religions, de même que Bonaparte avait
saisi l'occasion de son entrée à Milan, en juin 1800, pour
exprimer, devant le clergé catholique son intention de "s'aboucher
avec le nouveau pape" et de mettre un terme aux querelles religieuses
en France, ce qui n'allait pas de soi après dix années marquées
par la volonté des hommes de la Révolution de rompre avec
l'Eglise romaine. De même, les deux chefs d'Etat se rapprochent
dans la conception qui est la leur que la religion est un élément
constitutif du lien social. Mais la comparaison s'arrête là.
Si Bonaparte entend renouer le contact avec l'Eglise catholique en 1800,
ce n'est pas en vertu d'une foi personnelle - même s'il reconnaît
que le catholicisme est la religion de son baptême -, c'est en fonction
d'une analyse quasi sociologique qui lui a fait prendre conscience du
poids numérique des catholiques en France. "La religion catholique
est la religion de la grande majorité des citoyens français",
fera-t-il inscrire en préambule du Concordat au grand dam du Saint-Siège
qui souhaitait la reconnaissance du catholicisme comme religion de l'Etat.
Jacques-Olivier Boudon |