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N° 196
2008-I |
L'année 2008 aura été en France celle du bicentenaire
de la naissance de Louis Napoléon Bonaparte, le fils de Louis,
roi de Hollande, et d'Hortense de Beauharnais, le 20 avril 1808. Après
neuf années de commémorations liées à l'histoire
du Consulat et de l'Empire, les passionnés de Napoléon se
sont offerts une pause, ou plus exactement un voyage vers un autre Empire,
le Second, quelque peu délaissé par les historiens. Près
d'une dizaine de biographies de Napoléon III ont ainsi été
publiées en quelques mois, dont la plus remarquée est sans
conteste celle due à la plume d'Eric Anceau, Napoléon III, un
Saint-Simon à cheval. Cet engouement éditorial tranche avec
le relatif silence qui entoure généralement le règne
du neveu de l'Empereur. Encore ce silence avait-il été rompu
à plusieurs reprises, notamment par Philippe Seguin en 1990 et
plus récemment par Pierre Milza, avant la vague éditoriale
évoquée. Mais elle n'est pas seule à rendre compte
de l'intérêt suscité par le Second Empire. En témoigne
par exemple l'écho des manifestations organisées en Angleterre
autour de la naissance du prince, ou encore les initiatives du nouveau
maire de Nice, Christian Estrosi, pour associer sa ville, réunie
à la France en 1860, à l'histoire du Second Empire. En témoigne
encore la nouvelle ardeur des promoteurs de la reconstruction des Tuileries,
incendiées au moment de la Commune et demeurées, aux yeux
des Républicains, le symbole de la monarchie impériale défunte.
Le succès du récent colloque organisé par la Fondation
Napoléon au Collège de France sur Napoléon III, l'organisation
d'une rencontre franco-mexicaine autour de l'expédition du Mexique
en novembre 2008 ou encore le colloque international qui sera organisé
par la Sorbonne en janvier 2009 sont autant de signes du renouveau des
études sur cette période qui doit beaucoup au Premier Empire.
La RIN se devait de prendre sa part à ces commémorations,
ce qu'elle fait en publiant le bel article de Juliette Glikman sur la
façon dont le régime de Napoléon III a utilisé
la référence au Premier Empire.
Jacques-Olivier Boudon |