L’essentiel : l’uncarthrose cervicale désigne l’arthrose des articulations uncovertébrales, de petites jonctions latérales qui n’existent qu’entre les vertèbres du cou, de C3 à C7. Très courante avec l’âge, elle est souvent découverte par hasard sur une radiographie ou une IRM et peut ne provoquer aucune gêne. Quand elle se manifeste, c’est par une raideur et des douleurs de la nuque ou, si un bec osseux rétrécit le passage d’un nerf, par une douleur qui descend dans le bras. La prise en charge commence presque toujours par des soins médicaux et la rééducation ; l’opération ne concerne que des situations bien définies.
Le mot surprend souvent lorsqu’on le découvre sur un compte rendu d’imagerie, parfois accompagné de précisions comme « C5-C6 », « bilatérale » ou « rétrécissement foraminal ». Ce guide explique ce que recouvre chaque terme, pourquoi certains étages du cou sont plus exposés, quels symptômes doivent alerter et comment se déroule une prise en charge raisonnée, du médecin traitant jusqu’au chirurgien du rachis si cela devient nécessaire.
Uncarthrose : définition simple d’un terme d’imagerie
Le nom vient du latin uncus, qui signifie crochet. Les vertèbres cervicales ont en effet une particularité anatomique : sur les bords latéraux du plateau supérieur de leur corps vertébral se dressent deux petits reliefs recourbés, appelés uncus, apophyses unciformes ou processus semi-lunaires. Ces crochets s’emboîtent avec la vertèbre située au-dessus et forment de chaque côté une petite articulation, dite uncovertébrale ou articulation de Luschka.
Avec les années, le disque intervertébral perd de sa hauteur. Les crochets osseux se rapprochent alors de la vertèbre sus-jacente, frottent davantage et réagissent en fabriquant des excroissances osseuses, les ostéophytes. C’est ce remaniement que le radiologue nomme uncarthrose. Il ne s’agit pas d’une maladie isolée mais d’une des formes de la cervicarthrose, c’est-à-dire de l’arthrose du rachis cervical. On lit d’ailleurs fréquemment « carthrose cervicale » dans les recherches en ligne : il s’agit d’une déformation de ce même terme.
Uncodiscarthrose : définition et lien avec la disco uncarthrose
Le disque et les uncus vieillissent ensemble, si bien que les deux atteintes sont souvent décrites en un seul mot. L’uncodiscarthrose, que l’on trouve aussi écrite disco uncarthrose, associe un pincement du disque (discarthrose) et une arthrose des crochets latéraux au même niveau. Ce n’est pas une affection plus grave que l’uncarthrose seule : le terme décrit simplement de façon plus complète ce que montre l’image.
Décrypter un compte rendu qui mentionne une uncarthrose cervicale
Les comptes rendus d’imagerie emploient un vocabulaire précis, conçu pour les médecins. Le tableau ci-dessous traduit les expressions les plus courantes et indique ce qu’elles impliquent en pratique.
| Terme lu sur le compte rendu | Ce que cela signifie | Ce qu’il faut en retenir |
|---|---|---|
| Pincement discal | Diminution de la hauteur du disque entre deux vertèbres | Signe banal du vieillissement, souvent présent sans douleur |
| Ostéophytes | Petits becs osseux formés au bord des vertèbres | Leur importance dépend surtout de leur position par rapport aux nerfs |
| Uncarthrose bilatérale | Arthrose des crochets à droite et à gauche du même étage | Description anatomique, sans valeur de gravité à elle seule |
| Rétrécissement foraminal | Réduction du trou par lequel sort la racine nerveuse | À confronter aux symptômes du bras du même côté |
| Arthrose interapophysaire postérieure | Usure des petites articulations situées à l’arrière des vertèbres | Souvent associée, peut entretenir des douleurs de nuque |
| Canal cervical étroit | Diminution de l’espace où passe la moelle épinière | Justifie un examen neurologique attentif |
Uncarthrose bilatérale : faut-il s’en inquiéter davantage ?
Voir les deux côtés atteints peut impressionner. En réalité, l’usure se développe généralement de façon symétrique puisque le disque s’affaisse sur toute sa largeur. Une uncarthrose bilatérale peut donc rester parfaitement silencieuse, ou ne se traduire que par une douleur d’un seul côté si un seul foramen est réellement rétréci. C’est l’examen clinique, et non le compte rendu seul, qui permet de faire la part des choses.
Uncarthrose cervicale C5-C6 et C6-C7 : pourquoi le bas du cou est le plus exposé
Le rachis cervical bas, entre C3 et C7, concentre l’essentiel des mouvements de flexion et d’extension de la tête. Les étages C5-C6 et C6-C7 supportent les contraintes les plus répétées, ce qui explique qu’ils soient les plus souvent cités dans les comptes rendus. Une uncarthrose C5-C6 ou une uncarthrose cervicale C6-C7 correspond donc, dans la grande majorité des cas, à une évolution attendue de ces segments très sollicités.
Chaque étage laisse sortir une racine nerveuse précise, ce qui aide le médecin à relier une image à un symptôme :
- Uncarthrose cervicale C5-C6 : elle peut concerner la racine C6, dont le territoire classique descend sur la face externe de l’avant-bras jusqu’au pouce.
- Uncarthrose C6-C7 : elle peut gêner la racine C7, associée à une douleur ou des fourmillements vers le majeur et parfois à une faiblesse du triceps.
- Étages plus hauts (C3-C4, C4-C5) : atteints moins souvent, ils donnent plutôt des douleurs de nuque et d’épaule.
Rétrécissement foraminal C5-C6 : ce cas particulier, l’un des plus fréquents en consultation, fait l’objet d’une page dédiée qui détaille les symptômes et les options de traitement propres à ce niveau.
Uncarthrose avec rétrécissement foraminal : quand une racine nerveuse est gênée
Les crochets uncovertébraux forment la paroi avant du trou de conjugaison, le passage latéral par lequel chaque racine nerveuse quitte la colonne. Un ostéophyte né de l’uncus pousse donc directement vers ce tunnel. Lorsque l’espace se réduit suffisamment, la racine peut être irritée ou comprimée : on parle alors d’uncarthrose avec rétrécissement foraminal.
Foramens intervertébraux : comprendre leur rôle et la manière dont ils se rétrécissent permet de mieux saisir pourquoi deux images comparables donnent des symptômes très différents d’une personne à l’autre. Le rétrécissement peut être léger, modéré ou serré, et il s’aggrave souvent temporairement lors d’une poussée inflammatoire ou d’un mouvement de rotation et d’extension du cou.
Le tableau qui en découle est la névralgie cervico-brachiale : douleur partant de la nuque, irradiant vers l’omoplate puis le long du bras, parfois jusqu’aux doigts, avec fourmillements ou engourdissement. Elle peut être très intense au début puis s’atténuer progressivement chez une grande partie des patients sous traitement médical. Durée d’arrêt de travail pour une névralgie : les repères varient selon le métier exercé et l’évolution de la douleur, et ils sont présentés en détail, avec les démarches de reprise, dans un article complémentaire.
Douleur au plexus, oppression dans la poitrine, gêne au creux de l’estomac : ces sensations ne relèvent pas d’une arthrose du cou et doivent être explorées pour elles-mêmes. Une douleur thoracique inhabituelle, surtout à l’effort ou accompagnée d’essoufflement, impose un avis médical sans attendre.
Symptômes de l’uncarthrose cervicale : de l’image silencieuse à la névralgie
Beaucoup de personnes porteuses d’une uncarthrose n’ont aucun symptôme. Lorsque des troubles apparaissent, ils prennent habituellement l’une des formes suivantes :
- des douleurs de nuque de rythme mécanique, accentuées par l’effort ou les positions prolongées et calmées par le repos ;
- une raideur matinale ou une limitation des rotations, gênante pour vérifier un angle mort en voiture ;
- des craquements lors des mouvements, impressionnants mais sans gravité ;
- des maux de tête partant de l’arrière du crâne ;
- une douleur irradiant dans un bras, avec fourmillements ou sensation d’engourdissement, lorsqu’une racine est concernée.
Les vertiges sont souvent attribués à l’arthrose cervicale parce que l’artère vertébrale chemine juste à côté des uncus. Ce lien est en réalité rarement démontré : un vertige mérite un bilan propre, car ses causes les plus fréquentes se situent ailleurs, notamment dans l’oreille interne.
Les signes qui justifient une consultation rapide
Certaines manifestations sortent du cadre d’une arthrose banale et doivent faire consulter sans délai :
- une perte de force dans un bras ou une main, ou une maladresse pour boutonner, écrire, tenir un objet ;
- des troubles de l’équilibre, une marche devenue hésitante, une sensation de jambes raides ;
- des troubles urinaires ou intestinaux inhabituels ;
- une douleur nocturne intense qui ne cède pas, de la fièvre ou un amaigrissement inexpliqué ;
- une douleur apparue après un choc ou une chute.
Ces signes peuvent traduire une souffrance de la moelle épinière (myélopathie cervicarthrosique) ou une autre cause qu’il faut identifier rapidement.
Pourquoi l’arthrose uncovertébrale s’installe : âge, contraintes et antécédents
Le premier facteur est le vieillissement naturel du disque, qui se déshydrate et s’affaisse. D’autres éléments peuvent accélérer le processus : des postures prolongées tête penchée, des métiers imposant des gestes répétés du cou ou le port de charges sur les épaules, une prédisposition familiale, ou encore un traumatisme ancien. Fracture cervicale et temps de guérison : même lorsqu’une lésion du cou a bien consolidé, elle peut modifier la mécanique d’un segment et favoriser, des années plus tard, une usure plus marquée à proximité.
Le tabagisme et la sédentarité sont aussi régulièrement cités comme des éléments défavorables pour la santé des disques. Aucun de ces facteurs n’est toutefois une fatalité : beaucoup de personnes exposées ne développeront jamais de douleur notable.
Comment le diagnostic d’uncarthrose cervicale est posé
Tout commence par l’interrogatoire et l’examen : localisation de la douleur, trajet dans le bras, force musculaire, réflexes, sensibilité. Les examens complémentaires viennent ensuite confirmer ou orienter, et leur choix dépend de la situation.
- Radiographie du rachis cervical : elle montre le pincement discal et les ostéophytes, et suffit souvent pour une douleur de nuque isolée.
- IRM cervicale : c’est l’examen de référence lorsqu’une racine ou la moelle semble concernée, car elle visualise les nerfs, les disques et le canal.
- Scanner : il précise la forme des ostéophytes et l’étroitesse osseuse des foramens, utile notamment avant une intervention ou une infiltration.
- Électromyogramme : il évalue la souffrance d’une racine nerveuse et aide à distinguer une atteinte cervicale d’une compression au coude ou au poignet.
Le point essentiel reste la concordance : une image n’a de valeur que si elle correspond aux symptômes décrits et aux constatations de l’examen.
Traitements de l’uncarthrose cervicale : une prise en charge par paliers
Il n’existe pas de traitement capable de faire disparaître l’arthrose, mais il est possible de soulager efficacement la douleur et de préserver la mobilité. La stratégie se construit étape par étape, en fonction de l’intensité des symptômes et de leur évolution.
- Information et maintien de l’activité : comprendre que l’arthrose n’est pas synonyme de handicap aide à éviter l’immobilisation et la peur du mouvement.
- Traitements médicamenteux : antalgiques, anti-inflammatoires ou myorelaxants peuvent être proposés sur une durée courte, selon l’avis du médecin et le profil de chaque patient.
- Rééducation : la kinésithérapie constitue le socle de la prise en charge au long cours.
- Infiltration : en cas de névralgie qui résiste, une injection guidée par l’imagerie peut être discutée par un spécialiste, après évaluation du rapport entre bénéfices et risques.
- Chirurgie : elle se discute devant un déficit moteur qui progresse, des signes de compression de la moelle, ou une douleur radiculaire invalidante qui persiste malgré un traitement médical bien conduit pendant plusieurs semaines.
Lorsque l’opération est retenue, le chirurgien du rachis choisit la technique selon le niveau atteint et le mécanisme de compression : libération de la racine par voie antérieure avec ablation du disque et fusion du segment, prothèse discale chez certains patients, ou foraminotomie par voie postérieure. Chaque option a ses indications, ses suites et ses limites, qui doivent être expliquées lors de la consultation.
Ce que la kinésithérapie apporte concrètement
Le kinésithérapeute travaille la mobilité douce du cou, le renforcement des muscles profonds qui stabilisent la colonne cervicale et la correction des postures. Il peut utiliser des techniques manuelles adaptées et de la chaleur pour détendre les tensions musculaires. L’objectif est de rendre le patient autonome grâce à quelques exercices simples à poursuivre chez soi, plutôt que d’entretenir une dépendance aux séances.
Vivre avec une uncarthrose cervicale au quotidien
De petits ajustements suffisent souvent à réduire la fréquence des poussées douloureuses :
- placer le haut de l’écran à hauteur des yeux et rapprocher le téléphone du visage plutôt que pencher la tête ;
- faire une pause toutes les heures pour bouger les épaules et le cou en douceur ;
- choisir un oreiller qui maintient la tête dans l’axe, sans la surélever excessivement ;
- privilégier les activités qui entretiennent la mobilité, comme la marche, le vélo réglé avec un guidon assez haut ou la natation, en évitant la brasse tête hors de l’eau prolongée ;
- appliquer de la chaleur sur la nuque lors des périodes de raideur.
Au travail, un aménagement du poste peut être discuté avec le médecin du travail lorsque les douleurs gênent l’activité, en particulier pour les métiers sur écran ou ceux qui sollicitent les bras au-dessus de la tête.
Idées reçues et pièges à éviter face à une arthrose uncovertébrale
Plusieurs réflexes, pourtant répandus, compliquent inutilement l’évolution :
- Juger sa douleur d’après l’image : l’importance de l’arthrose visible ne prédit pas l’intensité des symptômes.
- Porter longtemps un collier cervical : utile quelques jours au plus lors d’une crise aiguë, il affaiblit les muscles s’il est prolongé.
- Accepter des manipulations brusques du cou : elles ne sont pas anodines sur un rachis arthrosique et doivent rester l’affaire de praticiens formés, après un examen préalable.
- Prolonger seul les anti-inflammatoires : leur usage répété sans suivi expose à des effets indésirables digestifs, rénaux ou cardiovasculaires.
- Attendre devant une faiblesse du bras : un déficit moteur nécessite une évaluation rapide, car le délai peut influencer la récupération.
- Confondre uncarthrose et hernie discale : les deux peuvent comprimer une racine, mais leur évolution et leur traitement ne sont pas identiques.
Préparer sa consultation pour une uncarthrose cervicale
Pour tirer le meilleur parti d’un rendez-vous avec un rhumatologue, un médecin de médecine physique ou un chirurgien du rachis, il est utile d’apporter les images elles-mêmes (et pas seulement les comptes rendus), la liste des traitements déjà essayés avec leur effet, ainsi qu’une description précise des symptômes : depuis quand, quel trajet, quels gestes aggravent ou soulagent. Noter l’évolution sur quelques semaines aide le praticien à apprécier la tendance et à proposer l’étape suivante la plus adaptée.
L’uncarthrose cervicale est-elle une maladie grave ?
Dans la plupart des cas, non. Il s’agit d’une usure liée à l’âge, fréquente et souvent sans symptôme. Elle ne devient préoccupante que si elle comprime nettement une racine nerveuse ou la moelle épinière, ce qui se repère par une faiblesse, des troubles de la marche ou une maladresse des mains.
Peut-on guérir d’une uncarthrose ?
Les modifications osseuses ne disparaissent pas, mais les douleurs peuvent s’apaiser durablement. Beaucoup de patients traversent des poussées espacées de longues périodes calmes, surtout lorsqu’ils entretiennent la mobilité et la musculature du cou.
L’uncarthrose peut-elle donner des vertiges ?
C’est possible mais peu fréquent. La proximité de l’artère vertébrale entretient cette idée, pourtant la majorité des vertiges a une autre origine. Un bilan médical est nécessaire avant de les attribuer au cou.
Une uncarthrose C5-C6 avec rétrécissement foraminal doit-elle être opérée ?
Pas systématiquement. Le traitement médical et la rééducation suffisent souvent. La chirurgie se discute en cas de déficit moteur évolutif, de douleur rebelle malgré plusieurs semaines de soins adaptés, ou de signes de compression médullaire.
Quel médecin consulter pour une arthrose des uncus ?
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur. Il peut orienter vers un rhumatologue, un médecin de médecine physique et de réadaptation ou, si une compression nerveuse le justifie, vers un chirurgien spécialiste du rachis.