Salpingectomie : il s’agit de l’ablation chirurgicale d’une trompe utérine, aussi appelée trompe de Fallope, ou des deux. L’intervention se pratique le plus souvent par coelioscopie, sous anesthésie générale.
- Une seule trompe retirée : salpingectomie unilatérale.
- Les deux trompes retirées : salpingectomie bilatérale, qui rend la grossesse naturelle impossible.
- Les ovaires sont habituellement conservés, donc la production hormonale n’est pas supprimée.
- Le déroulement, la durée et le mode de sortie dépendent de la technique choisie et du contexte médical.
Le mot salpingectomie apparaît dans des contextes très différents : une grossesse extra-utérine prise en charge en urgence, un bilan de fécondation in vitro, une demande de contraception définitive ou le retrait d’un dispositif implanté dans les trompes. Derrière un même terme se cachent donc des gestes et des conséquences qui varient. Ce guide reprend les définitions médicales, les techniques opératoires et les points à clarifier en consultation.
Qu’est-ce que la salpingectomie exactement ?
Le dictionnaire de l’Académie nationale de médecine définit la salpingectomie comme l’ablation, par laparotomie ou par coeliochirurgie, d’une trompe utérine. Les trompes de Fallope sont les deux conduits fins qui relient l’utérus aux ovaires. C’est dans l’une d’elles que l’ovule et les spermatozoïdes se rencontrent habituellement, avant que l’embryon ne gagne la cavité utérine.
Quand l’ovaire est retiré en même temps que la trompe, on ne parle plus de salpingectomie mais d’annexectomie. Le vocabulaire médical distingue aussi la salpingectomie partielle, qui ne concerne qu’un fragment de la trompe, par exemple lors d’une stérilisation par résection ou dans le traitement d’une grossesse tubaire. Une variante plus fine, dite salpingectomie partielle sous-séreuse, permet de réséquer environ deux centimètres de l’isthme tubaire en enfouissant les moignons.
Autre terme à ne pas confondre : la salpingo-oophorectomie, qui associe l’ablation de la trompe et celle de l’ovaire du même côté. La distinction a son importance, car ce sont les ovaires qui produisent les hormones, et non les trompes.
Dans quels cas une salpingectomie est-elle proposée ?
Les indications sont variées et ne se limitent pas à la contraception. Le choix entre retirer une seule trompe ou les deux dépend de la maladie traitée, de l’état de la trompe controlatérale et du projet de grossesse.
- Grossesse extra-utérine : lorsqu’un embryon s’implante dans la trompe, l’ablation de la portion concernée ou de la trompe entière peut être nécessaire, notamment si la trompe est rompue ou très abîmée.
- Hydrosalpinx avant une fécondation in vitro : une trompe bouchée et remplie de liquide peut gêner l’implantation embryonnaire. Son retrait avant une assistance médicale à la procréation est une pratique reconnue, le bénéfice en termes d’implantation et de grossesse évolutive étant établi de longue date.
- Contraception définitive : la salpingectomie bilatérale fait partie des techniques proposées aux femmes qui souhaitent une contraception irréversible.
- Lésions infectieuses ou inflammatoires : abcès tubaire, atteinte chronique des trompes, torsion ou lésion kystique peuvent conduire au même geste.
- Retrait d’un dispositif intratubaire : lorsqu’un implant contraceptif placé dans les trompes doit être enlevé, la salpingectomie est parfois préférée à d’autres interventions, car ses complications possibles sont jugées moindres que celles d’une hystérectomie dans ce contexte précis.
Certaines publications évoquent aussi un effet préventif sur certains cancers ovariens lorsque les trompes sont retirées. Cette piste reste discutée et ne constitue pas, à elle seule, une indication opératoire : elle se décide au cas par cas avec l’équipe médicale.
Salpingectomie unilatérale ou bilatérale : ce que cela change
La question la plus fréquente concerne les conséquences à long terme. Le tableau suivant résume les trois situations les plus courantes.
| Type d’intervention | Éléments retirés | Fertilité naturelle | Fonction hormonale |
|---|---|---|---|
| Salpingectomie unilatérale | Une trompe | Possible si la trompe restante et l’ovaire du même côté sont fonctionnels | Préservée |
| Salpingectomie bilatérale | Les deux trompes | Impossible sans assistance médicale | Préservée si les ovaires sont conservés |
| Salpingo-oophorectomie | Une ou deux trompes et un ou deux ovaires | Variable selon le côté opéré | Peut être modifiée si les deux ovaires sont retirés |
Il faut retenir que les trompes servent de passage aux gamètes, tandis que les ovaires assurent la sécrétion hormonale et la maturation des ovules. C’est pourquoi une femme opérée des deux trompes mais dont les ovaires sont conservés ne se trouve pas en ménopause : son cycle continue, seules les voies de rencontre entre ovule et spermatozoïdes disparaissent.
Comment se déroule une salpingectomie ?
L’intervention se pratique sous anesthésie générale. La voie d’abord la plus courante est la coelioscopie, qui consiste à introduire une caméra et des instruments fins par de petites incisions abdominales. Elle limite les cicatrices et raccourcit généralement les suites opératoires par rapport à la laparotomie, qui ouvre la paroi de façon plus large.
Des variantes existent. La technique dite V-Notes passe par la voie vaginale et évite les incisions abdominales lorsque la configuration anatomique le permet. La salpingectomie robotique utilise un robot chirurgical pour guider les instruments : elle est présentée comme une chirurgie mini-invasive, avec des avantages qui restent à apprécier selon les équipes et les situations.
Dans tous les cas, le geste consiste à libérer la trompe, à la coaguler ou à la sectionner à ses attaches, puis à la retirer. Le chirurgien adapte l’étendue de la résection à l’indication : traiter une grossesse tubaire ne demande pas le même geste qu’une contraception définitive.
Préparer une salpingectomie : bilan, anesthésie et questions utiles
Avant l’opération, un bilan sanguin et une consultation d’anesthésie sont programmés. Un résultat inhabituel, comme un globule blanc bas, ne signifie pas automatiquement que l’intervention est reportée : il est analysé dans son contexte et peut conduire à des examens complémentaires. Il vaut mieux signaler tout traitement en cours, y compris les anticoagulants et les compléments alimentaires.
La crainte de l’anesthésie générale est fréquente, parfois renforcée par un souvenir désagréable d’examen réalisé sans sédation, comme une Fibroscopie sans anesthésie. L’équipe d’anesthésie peut en tenir compte et adapter le protocole ; en parler en consultation aide souvent à apaiser l’appréhension.
Trois questions méritent d’être posées avant de signer le consentement : une seule trompe ou les deux seront-elles retirées, les ovaires seront-ils conservés, et quelles seront les conséquences sur un projet de grossesse ultérieur. Demander un compte rendu opératoire écrit est également utile pour le suivi.
Suites opératoires et convalescence après une salpingectomie
Après une coelioscopie, des douleurs abdominales et des tiraillements au niveau des épaules sont fréquents pendant quelques jours, liés au gaz utilisé pour distendre l’abdomen. Des saignements vaginaux légers peuvent aussi survenir. La reprise du travail dépend du métier exercé, de la technique utilisée et de la fatigue ressentie.
Il faut consulter sans attendre en cas de fièvre, de douleur intense ou croissante, de saignement abondant, de malaise ou de gonflement anormal de l’abdomen. Ces signes ne sont pas forcément graves, mais ils doivent être évalués par un médecin.
Grossesse après salpingectomie : ce qu’il faut retenir
Une salpingectomie unilatérale laisse une chance de grossesse naturelle si la trompe restante est perméable et si l’ovaire du côté opposé fonctionne normalement. Le calendrier du cycle peut toutefois se décaler après une intervention ou un traitement hormonal, ce qui explique que certaines femmes s’interrogent sur une Ovulation tardive et sur son éventuel retentissement sur la conception.
Après une salpingectomie bilatérale, la grossesse naturelle n’est plus possible, car les ovules ne disposent plus d’un conduit vers l’utérus. Une fécondation in vitro reste envisageable lorsque l’utérus et les ovaires sont fonctionnels ; c’est un point à aborder avec une équipe de médecine de la reproduction, idéalement avant l’intervention.
Erreurs fréquentes et conseils avant de se décider
- Confondre ablation de la trompe et ablation de l’ovaire : retirer une trompe ne supprime pas la production d’hormones.
- Croire qu’une salpingectomie unilatérale rend forcément stérile : la fertilité dépend surtout de l’état de la trompe et de l’ovaire controlatéraux.
- Penser que la contraception définitive est réversible : une salpingectomie bilatérale est considérée comme définitive, même si une fécondation in vitro demeure possible.
- Négliger le projet de grossesse dans la discussion : signaler un désir d’enfant, même lointain, permet d’orienter la technique et le moment de l’intervention.
- Reporter le suivi post-opératoire : la consultation de contrôle permet de vérifier la cicatrisation et de répondre aux questions restées en suspens.
La salpingectomie est donc un geste bien codifié, mais ses conséquences varient fortement selon qu’une ou deux trompes sont retirées. La décision se prend avec un gynécologue, en tenant compte de l’indication médicale, de la fertilité souhaitée et des préférences de la patiente.
La salpingectomie rend-elle stérile ?
Tout dépend du nombre de trompes retirées. Une salpingectomie bilatérale supprime la possibilité d’une grossesse naturelle, car les ovules ne peuvent plus rejoindre l’utérus. Une salpingectomie unilatérale ne rend pas forcément stérile : la fertilité dépend de l’état de la trompe restante et de l’ovaire du côté opposé.
Peut-on tomber enceinte après une salpingectomie unilatérale ?
Oui, une grossesse naturelle reste possible lorsque la trompe conservée est perméable et que l’ovaire controlatéral fonctionne. En cas d’hydrosalpinx, d’adhérences ou de lésion de la trompe restante, une assistance médicale à la procréation peut être proposée.
Quelles sont les complications possibles d’une salpingectomie ?
Comme toute chirurgie, elle expose à un risque de saignement, d’infection, de lésion d’un organe voisin et d’adhérences. Ces complications restent rares. Dans le contexte du retrait d’un dispositif intratubaire, le ministère de la Santé a rappelé que les complications possibles de la salpingectomie sont moindres que celles pouvant suivre une hystérectomie.
La salpingectomie est-elle remboursée en France ?
Un acte chirurgical réalisé dans un établissement de santé relève des règles habituelles de prise en charge par l’Assurance maladie. Des dépassements d’honoraires ou des frais de confort peuvent exister selon l’établissement et le praticien : il est conseillé de demander un devis et de vérifier sa couverture auprès de sa mutuelle.
Faut-il retirer les deux trompes pour une contraception définitive ?
La salpingectomie bilatérale est l’une des techniques de contraception définitive. Elle est considérée comme irréversible, même si une fécondation in vitro reste théoriquement possible. D’autres méthodes existent, et la décision suppose une information complète ainsi qu’un délai de réflexion.